Fiscal & Légal14 août 2026 · 9 min de lecture

« TVA non applicable, art. 293 B du CGI » : la mention qui change sur vos devis au 1er septembre 2026

artisan du bâtiment vérifiant la mention de TVA sur un devis avant le 1er septembre 2026
L'essentiel en 30 secondes
  • Nouvelle mention au 1er septembre 2026 : « TVA non applicable, art. L. 223-3 du CIBS » (Code des impositions sur les biens et services).
  • Source : ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025, publiée au Journal officiel le 20 décembre 2025, qui transfère les règles de TVA du CGI vers le CIBS.
  • Tolérance jusqu'au 31 décembre 2027 : une facture qui porte encore l'ancienne référence reste valable. Aucune urgence à réimprimer quoi que ce soit.
  • Seuils de franchise inchangés : 85 000 € pour les ventes de marchandises, 37 500 € pour les prestations de services, y compris les travaux.
  • Le vrai piège n'est pas la mention imprimée : c'est le paramétrage du logiciel, à la veille de l'obligation de réception des factures électroniques, fixée à la même date.

Le 1er septembre 2026, deux réformes entrent en vigueur le même jour pour un artisan. La première est bruyante : toutes les entreprises assujetties devront être capables de recevoir des factures électroniques. La seconde est passée quasi inaperçue : la ligne « TVA non applicable, art. 293 B du CGI », imprimée en bas de dizaines de milliers de devis d'artisans en franchise de TVA, change de référence légale.

Prises séparément, chacune est simple. Prises ensemble, elles créent une confusion réelle — nous voyons circuler des messages qui laissent croire que la franchise en base disparaît, ou que les micro-entreprises devraient facturer la TVA à partir de septembre. Rien de tout cela n'est exact. Voici ce qui change réellement, ce qui ne change pas, et les cinq endroits où la mention doit être corrigée dans un cabinet d'artisan.

Que dit exactement le texte, et à partir de quand ?

L'ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025, publiée au Journal officiel le 20 décembre 2025, opère la recodification de la taxe sur la valeur ajoutée : l'ensemble des règles de TVA quitte le Code général des impôts (CGI) pour rejoindre le Code des impositions sur les biens et services (CIBS), dans un nouveau livre II. L'entrée en vigueur est fixée au 1er septembre 2026.

Conséquence directe pour les entreprises en franchise en base : l'article 293 B du CGI, qui fonde le régime, est abrogé et remplacé par l'article L. 223-3 du CIBS. Comme le code de la consommation impose de mentionner la référence légale justifiant l'absence de TVA sur les factures, la formule change.

ÉlémentJusqu'au 31 août 2026À compter du 1er septembre 2026
Mention sur devis et facturesTVA non applicable, art. 293 B du CGITVA non applicable, art. L. 223-3 du CIBS
Seuil « vente de marchandises »85 000 €85 000 € — inchangé
Seuil « prestations de services » (dont travaux)37 500 €37 500 € — inchangé
Conditions d'application de la franchiseInchangées (réforme à droit constant)
Droit à déduction de la TVA sur achatsAucunAucun — inchangé
Ancienne mention encore acceptéeOui, jusqu'au 31 décembre 2027

Le point rassurant que personne ne met en avant : la période de tolérance court jusqu'au 31 décembre 2027, soit seize mois après la bascule. Une facture émise en octobre 2026 avec l'ancienne référence n'est pas irrégulière. Vous n'avez ni à réimprimer vos carnets, ni à réémettre les documents déjà envoyés, ni à traiter ce sujet dans l'urgence de la rentrée.

Ce que la réforme ne change absolument pas

Il s'agit d'une recodification à droit constant : le législateur déplace les textes, il ne modifie pas leur contenu. Concrètement, pour une entreprise du bâtiment :

Une recodification à droit constant ne change que l'adresse d'un texte, jamais son contenu. Le seul risque réel n'est pas fiscal, il est documentaire : laisser coexister deux versions de la mention dans des documents produits par des outils différents.

Où la mention apparaît réellement dans un cabinet d'artisan

C'est ici que le sujet devient concret. La mention n'est pas à un seul endroit : elle est dupliquée dans une série de documents et de modèles qui, dans la plupart des petites structures, ne sont pas gérés par le même outil. Voici l'inventaire complet à passer en revue.

Document ou supportMention présente ?Action à prévoir
Modèle de devisOui, en pied de documentMettre à jour le gabarit dans le logiciel
Facture d'acompteOuiSouvent un gabarit distinct du devis : à vérifier séparément
Situation de travauxOuiGabarit distinct dans la plupart des logiciels BTP
Facture de solde et avoirsOuiÀ traiter en même temps que la facture
Conditions générales de venteFréquemmentDocument annexe, souvent en PDF figé : le plus oublié
Modèles d'e-mail et signaturesParfoisVérifier les modèles de relance et d'envoi de devis
Paramétrage plateforme agrééeChamp structuréPoint critique — voir section suivante

Dans une entreprise qui édite ses devis avec un logiciel et ses factures d'acompte à la main sous tableur, le scénario le plus probable n'est pas l'oubli : c'est la coexistence. Le devis mentionne le CIBS, l'acompte du même chantier mentionne le CGI. Ce n'est pas sanctionné pendant la période de tolérance, mais cela produit exactement le type d'incohérence qui fait perdre du temps lors d'un contrôle ou d'une contestation client.

Le vrai piège : la collision avec la facture électronique

La même date, le 1er septembre 2026, marque l'entrée en vigueur de l'obligation de réception des factures électroniques pour toutes les entreprises assujetties à la TVA, quelle que soit leur taille. L'obligation d'émission, elle, ne s'imposera aux TPE, PME et micro-entreprises qu'au 1er septembre 2027.

Or une facture électronique n'est pas un PDF : c'est un fichier structuré, dans lequel le régime de TVA et la mention d'exonération sont portés par des champs de données, pas par du texte libre en pied de page. Ce qui donne trois vérifications à faire ensemble plutôt que séparément :

  1. Le gabarit visuel de vos documents (le texte imprimé) — c'est ce que voit votre client.
  2. Le paramétrage du régime de TVA dans votre logiciel de devis-facturation — c'est ce qui alimente le champ structuré.
  3. Le raccordement à une plateforme agréée, qui transporte ce champ. La DGFiP a immatriculé plus de 130 plateformes agréées (PA, ex-PDP), dont la liste officielle est publiée sur data.gouv.fr et impots.gouv.fr.

À ne pas confondre : être en franchise en base de TVA ne vous dispense pas de l'obligation de réception au 1er septembre 2026. Le critère est l'assujettissement à la TVA, pas le fait de la collecter. Un artisan en franchise doit donc pouvoir recevoir les factures électroniques de ses fournisseurs, même s'il n'en émettra lui-même qu'en septembre 2027.

Nous détaillons cette obligation dans notre article dédié : réception obligatoire des factures électroniques pour l'artisan BTP, ainsi que le calendrier complet de la réforme e-facture.

Faut-il mettre à jour un devis émis en août mais facturé en octobre ?

C'est la question pratique qui revient le plus, et elle a une réponse simple : la mention s'apprécie à la date d'émission de chaque document. Un devis signé en août 2026 avec la référence 293 B du CGI reste parfaitement valide — il n'a pas à être réédité. La facture correspondante, émise en octobre, peut porter la nouvelle mention CIBS sans que cela crée la moindre incohérence juridique.

Et de toute façon, la tolérance jusqu'au 31 décembre 2027 rend les deux formulations acceptables pendant toute la période. Le seul réflexe utile est de ne pas mélanger les deux dans un même document.

Le calendrier des trois échéances à retenir

Trois dates structurent les prochains mois pour une entreprise artisanale. Elles sont indépendantes les unes des autres.

DateCe qui se passeQui est concerné
1er septembre 2026Nouvelle mention « art. L. 223-3 du CIBS » ; obligation de recevoir les factures électroniquesToutes les entreprises assujetties à la TVA
Janvier 2027Suppression annoncée du régime simplifié d'imposition à la TVAEntreprises actuellement au régime simplifié
1er septembre 2027Obligation d'émettre ses factures au format électronique en B2BTPE, PME et micro-entreprises
31 décembre 2027Fin de la tolérance sur l'ancienne mention 293 B du CGIEntreprises en franchise en base

La lecture est claire : le seul travail réellement urgent avant septembre n'est pas la mention — c'est le raccordement à une plateforme pour recevoir les factures de vos fournisseurs. La mention, elle, se traite en une manipulation de gabarit, quand vous le décidez, dans les seize mois. Si votre logiciel de devis-facturation est à jour, il fera même la bascule sans que vous ayez à intervenir.

De
Équipe DevisTrack
Contenus rediges par l'equipe editoriale de DevisTrack, specialistes du secteur. Informations verifiees et sourcees.

Questions frequentes

Quelle mention de TVA faut-il écrire sur un devis d'artisan à partir du 1er septembre 2026 ?

Pour une entreprise en franchise en base de TVA, la mention devient « TVA non applicable, art. L. 223-3 du CIBS », en remplacement de « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Le CIBS est le Code des impositions sur les biens et services, qui accueille les règles de TVA depuis l'ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025. L'ancienne mention reste néanmoins acceptée jusqu'au 31 décembre 2027.

Les seuils de la franchise en base de TVA changent-ils au 1er septembre 2026 ?

Non. Il s'agit d'une recodification à droit constant : les textes changent d'emplacement, pas de contenu. Les seuils restent de 85 000 € de chiffre d'affaires pour les ventes de marchandises et 37 500 € pour les prestations de services, catégorie dont relèvent les travaux. Les conditions d'application de la franchise et l'absence de droit à déduction de la TVA sur les achats sont également inchangées.

Mes anciennes factures avec la mention 293 B du CGI sont-elles encore valables ?

Oui, sans limite pour les documents déjà émis, et jusqu'au 31 décembre 2027 pour ceux que vous émettrez encore avec l'ancienne référence. L'administration a admis une période de tolérance de seize mois après la bascule. Vous n'avez donc ni à réémettre les factures passées, ni à réimprimer vos carnets de devis dans l'urgence.

Un artisan en franchise de TVA est-il concerné par la facture électronique au 1er septembre 2026 ?

Oui, pour la réception. L'obligation de pouvoir recevoir des factures électroniques au 1er septembre 2026 vise toutes les entreprises assujetties à la TVA, y compris celles qui bénéficient de la franchise en base et ne la collectent pas. En revanche, l'obligation d'émettre ses propres factures au format électronique ne s'appliquera aux TPE, PME et micro-entreprises qu'au 1er septembre 2027.

La mention « Autoliquidation » en sous-traitance BTP change-t-elle aussi ?

Non. La mention exigée sur une facture de sous-traitance dans le bâtiment est le mot « Autoliquidation » lui-même, pas une référence à un article du Code général des impôts. La recodification de la TVA dans le CIBS ne modifie donc pas ce libellé. De la même façon, les taux réduits de 10 % et 5,5 % sur les travaux ne reposent pas sur une mention d'article mais sur l'attestation du client relative à la nature et à l'ancienneté du logement.

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Sources : Légifrance (ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025 portant recodification de la TVA), impots.gouv.fr (facturation électronique et plateformes agréées), economie.gouv.fr (liste des plateformes agréées), Urssaf (calendrier de la facturation électronique) - Mis a jour le 14 août 2026

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